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Tout à l'égout / Drenaje
Festival Scènes étrangères 05
Drenaje
D'Emilio Carballido (Mexique, 1999)
mise en espace par Sotiri Haviaras et Antoine Rodriguez, Université Lille 3
Avec Alain Bayard, Fabien Decoster, Julien Denoyelle, Sophie Dmitrieff, Yolanda Fernandez Romero, José Lagos Lama, Yatzel M. Rivera, Ludivine Nayrand, Sonia Perez Bagues, Abel Rubalcava (étudiants hispanistes de l'association TALES – Atelier de 5 à 7)
L'association universitaire TALES (Théâtre et Arts Amérique Latine / Espagne) de l'UFR d'Etudes Romanes-Lille 3 crée en 2004 Dérives théâtre, une collection bilingue spécialisée dans le théâtre bref espagnol et latino-américain. Le comité de traduction et de lecture est majoritairement composé d'étudiants de licence et de master, d'enseignants et de traducteurs professionnels spécialistes en langue et littérature des pays hispanophones et lusitanophones. Le premier volume, Brèves d'ados, dont est tirée la pièce que nous proposons ce soir en lecture, s'intéresse, comme son nom l'indique, à la thématique de l'adolescence, période de transition/transgression et d'adaptation au monde adulte.
Dérives Théâtre a pour objectif, outre celui de diffuser des textes brefs de théâtre, d'établir des ponts entre la traduction universitaire spécialisée et la scène théâtrale sans laquelle tout texte de théâtre n'est que littérature frustrée. C'est pour cela que le projet Dérives théâtre était impensable sans un passage concret sur plateau avec des êtres en chair et en sueur et des spectateurs qui, ensemble, croient que dans ce qui est donné à voir il y a quand même quelque chose de vrai et de terriblement (in)humain. Terriblement inhumain comme ce que raconte Drenaje.
Notre lecture en espagnol opte pour un rapprochement du référent socioculturel mexicain et l'aborde en l'enrobant d'un voile tragique. Les didascalies, habituellement condamnées à disparaître sur scène, sont ici incarnées par une espèce de parque salope envoyée par on ne sait quel Dieu politico-socio-néo-liberal pour accomplir le destin des adolescents enfermés, cette bande de délinquants grossiers, gênants et socialement inutiles. Dès de départ, et latéralement, leur sort est programmé. La mission de la parque salope est de faire en sorte que tout se déroule comme prévu : la grille de l'égout sera soudée, le niveau de l'eau montera sans que personne n'y puisse rien faire et les enfants se noieront sous le regard inquiet mais secrètement satisfait des passants. On se souviendra d'eux, une fois par an, le jour des défunts, on leur dressera des autels garnis de têtes de morts colorées et sucrées, de cigarettes dont la fumée rappellera leur âme, et d'une bonne bouteille de Tequila, parce que, après tout, il vaut mieux en rire. Non ?
Antoine Rodriguez
Tout à l'égout
D'Emilio Carballido (Mexique, 1999)
mise en espace par Sotiri Haviaras
d'après un dispositif scénique imaginé par Marie-Noëlle Semet
Avec Nadia Aït El Fajji, Laetitia Bonamour, Céline Cabon, Camille Desmoutier, Marine Hosson, Carole Joffrin, Claire Lefort, Anamaria Mirea, Imke Momann, Almudena Monzu, Elena Sanz, Cyrielle Hachi, Amaury Franssen, Maxime Pourbaix, Marie Lamouroux, Nicolas Lehnebach, Romain Ravenel, Julien Ployé, Mehdi Meresse, Raquel Sarabando, Baptiste Bailleul (Etudiants Atelier de 5 à 7)
Quand l'objet scénique devient Protagoniste.
Les coups portés sur les barreaux de la grille qui condamne à mort les enfants de la pièce résonnent sinistrement, à l'heure où un couvre-feu tente de circonscrire le désordre de nos banlieues.
Et la maigre fenêtre derrière laquelle ils assistent à l'indifférence des adultes renvoie à cet écran télévisé omniprésent qui justifie de notre passivité, à nous, citoyens des centres villes, face et loin de cette "racaille" qui s'enflamme et, désespérée, se consume dans des actes gratuits...
Ici le feu, là-bas l'eau, qui montent tous deux, débordent et ravagent.
Combien d'enfants immolés, combien d'enfants noyés avant que ne saute la grille derrière laquelle nous nous sommes enfermés et qui nous empêche de voir ?
L'énormité du propos d'Emilio Calballido crée une distance et une théâtralité qui permettent à cette courte pièce d'échapper au mélodrame, pour acquérir une dimension tragique. Pourtant, on ne serait pas surpris si l'on nous apprenait qu'il s'agissait d'un fait-divers.
S. Haviaras et M.-N. Semet
Source Texte : La Rose Des Vents (http://www.larosedesvents-scenenationale.com)
Genre :
Thème(s) : Lecture,
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) :
Passage(s) : La Rose des vents Villeneuve d'Ascq ,
Source Artishoc : La Rose Des Vents - http://www.larosedesvents-scenenationale.com
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