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Editorial



saison 2005-2006


L'événement de ce début de saison sera la cinquième édition du Festival Scènes Etrangères qui aura bien lieu en novembre prochain. En dépit de nos difficultés budgétaires et de nos inquiétudes pour l'avenir, nous avons décidé de préserver cette belle aventure engagée il y a maintenant cinq ans et qui est devenue un rendez-vous attendu de tous les amoureux du théâtre.
Avec la volonté d'ouvrir de nouveaux horizons au public de la métropole, nous avons fait de ce festival le symbole identitaire des choix artistiques défendus par La rose des vents. C'est grâce à votre présence et votre fidélité que nous avons pu défendre ces choix, parfois radicaux. Ils furent autant de parti pris revendiqués au meilleur sens du terme, de prises de position face à l'état du théâtre dans notre pays, et nous avons notamment sans cesse refusé de réduire le théâtre au "primat" du texte d'où seul, selon d'aucuns, procèderait le sens. Sans cesse nous avons cherché les voies nouvelles de la représentation du monde si mouvant et si complexe.

Ces choix, que symbolisent entre autres les noms de quelques artistes européens invités chez nous régulièrement depuis près de dix ans... ( Jan Lauwers avec MacBeth en 1996... Romeo Castellucci en 1998 avec l'Orestie... mais aussi Alain Platel et Arne Sierens, Jan Fabre, Wim Vandekeybus et tant d'autres encore ...) sont aujourd'hui bien mieux partagés comme en témoignent les débats que suscite la programmation courageuse et novatrice du dernier Festival d'Avignon.
Bien sûr, il serait caricatural de réduire ici la polémique surgie dans la touffeur estivale du microcosme festivalier à un nouvel épisode de l'ancestral conflit des anciens et des modernes. Et pourtant il se joue là une querelle importante où l'on peut voir les nostalgiques d'un "théâtre poétiquement et politiquement correct et surtout bien propre" relever la tête et exhaler leurs vieilles rancoeurs. Ces "thermidoriens" ont surfé sur le sentiment d'une réelle déception du public.
L'échec de tel ou tel spectacle en création, la frustration de se retrouver face à une recherche inaboutie dans laquelle la vacuité d'un propos peut devenir bien vite alors d'une insupportable prétention, cela fait partie des risques de la création ; quand hélas ces ratages s'accumulent, ils peuvent nourrir alors dans le public la colère et le rejet. Programmer une saison et plus encore un festival c'est aussi s'exposer à ce risque.
Parce que nous voulons continuer à prendre part à cette querelle, nous voulons que notre festival existe et vous propose des spectacles qui mélangent les genres, abolissent les frontières entre disciplines, inventent sans cesse de nouveaux langages et de nouvelles formes et nourrissent ainsi notre insatiable besoin de comprendre et de représenter le monde.
C'est aussi dans cette recherche et à ce prix que nous parviendrons à toucher et émouvoir un nouveau public. Comment porter la voix du théâtre au-delà du cercle des fidèles si nous ne rompons pas les codes traditionnels et les anciens rituels dans lesquels ses thuriféraires rêvent de l'enfermer à nouveau.

Consacrées au théâtre international, les Scènes Etrangères auront leur pendant au printemps 2006 avec LaboMatic, une programmation événement consacrée à la toute jeune création sans exclusive de frontières ni de genre.
Entre ces deux évènements nous avons bâti une saison qui, en contrepoint, vous présentera quelques grands moments de théâtre jubilatoires et notamment quelques revisitations du répertoire, je pense au magnifique Hamlet réalisé par Hubert Colas que nous accueillons pour la première fois, à un marathon de trois pièces de Molière, au retour du théâtre Varia avec un Shakespeare...
Cette saison de nouveaux artistes viendront nous rejoindre. Depuis dix années nous avions, avec Jean Michel Rabeux et sa compagnie, une relation d'association. Ce fut une très belle aventure marquée par une magnifique complicité, une confiance sans faille et une profonde amitié. Ensemble, nous avons réalisé plus de quinze spectacles. Cette relation exceptionnelle dans le système théâtral français ne s'arrête pas encore tout a fait d'ailleurs puisque nous accueillerons cette saison le dernier spectacle de la compagnie.

En ce début de saison, nous effectuerons de nombreux déplacements chez nos partenaires dont le cercle s'élargit encore. Au premier chef nous irons chez nos amis belges de la maison de la culture de Tournai, et en Flandre, au De Kortrijkse Schouwburg avec qui nous poursuivons nos projets européens Interreg.
La vocation internationale de notre maison n'est plus à démontrer. Nous sommes ainsi très engagés dans des réseaux de coopération et d'échange en Europe, dont Théorem pour l'Europe centrale et orientale ainsi que les Balkans... Iris pour l'Europe du sud méditerranéenne. Ces lieux d'échanges artistiques sont pour moi le véritable creuset d'une autre Europe future.
A cet égard je suis très heureux d'accueillir dans notre prochain festival une Tempête de Shakespeare éminemment européenne interprétée par des comédiens si proches de nous, artistes du Théâtre d'Etat d'Adana (Turquie) dont ce sera la première venue en France.
Je vous invite à venir découvrir leur travail comme celui de tous les artistes de cette saison et me réjouis de votre venue prochaine dans notre maison.

Didier THIBAUT






Source Texte : La Rose Des Vents (http://www.larosedesvents-scenenationale.com)

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Source Artishoc : La Rose Des Vents - http://www.larosedesvents-scenenationale.com

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