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Editorial



saison 2006-2007


Inaugurée en 1976, La rose des vents a 30 ans...
Imaginée par les urbanistes de l'EPALE (Etablissement Public d'Aménagement de Lille Est) comme un élément symbolique et central de la Ville Nouvelle, elle a connu des premiers pas parfois hésitants et difficiles.
La rose des vents a grandi, portée par le formidable élan culturel que connut notre région à cette période. Ces années-là virent naître nombre des institutions culturelles qui firent longtemps de notre région une sorte d'exception.
Soutenue par la municipalité de Villeneuve d'Ascq, l'Etat, le Conseil Régional puis le Conseil Général, le "Centre d'Action Culturelle en préfiguration" de l'origine devint en 1988 au gré des changements de label, une Scène Nationale.
Inscrite dans ce réseau national, elle partage avec près de soixante-dix établissements en France, similaires mais tellement divers, des missions de service public, qui touchent à la fois à "la défense et l'illustration" de la création artistique et à l'impérieuse passion de la démocratisation culturelle.
Cette double responsabilité La rose des vents l'assume depuis l'origine et la liste est longue de tous ceux qui ont écrit son histoire. Je veux rendre un hommage particulier à mes deux prédécesseurs : Pierre Etienne Heymann qui fut le premier directeur et Pierrette Garreau qui lui succéda.
Afin de fêter, avec tous, cet anniversaire nous avons feuilleté les pages de notre livre d'heures.
Au fil des saisons s'égrènent ainsi les noms des artistes, auteurs, acteurs, danseurs, musiciens, metteurs en scène et chorégraphes... Ils hantent désormais les murs de notre maison et sans eux, rien n'existerait... Reviennent des noms de spectacles gravés à jamais dans notre mémoire, des visages de spectateurs, des applaudissements qui résonnent... C'est une formidable saga que nous avons redécouvert et souhaitons vous conter.
Rétrospectivement, nous en sommes fiers et heureux, mesurant pour l'avenir notre responsabilité, car a contrario, il est vertigineux d'imaginer le manque, l'absence, le trou noir si tout cela n'avait pas eu lieu pour le public et pour les artistes...
La rose des vents a toujours occupé une place à part, un peu à la marge, dans le paysage de la métropole. A regarder ainsi le bilan de toutes les saisons lointaines ou plus récentes, j'ai de nouveau cette certitude, c'est bien la marge qui tient la page, pour le passé et pour le futur.
Loin de la commémoration nostalgique, cet anniversaire est aussi l'occasion de vérifier combien notre maison a su sans cesse changer, inventer des projets, transmettre à de nouvelles générations de spectateurs mais aussi d'artistes... la flamme.
Des abonnés de la première heure aux jeunes gens qui emplissent nos gradins, un fil rouge est tendu.
Plus que jamais, forts de notre mémoire et de notre expérience c'est au service de nouvelles générations d'artistes d'ici et d'ailleurs que nous voulons ouvrir notre plateau.

Que serait devenue notre région sans la volonté politique d'il y a trente ans et ce formidable combat quotidien pour la démocratisation culturelle mené depuis.
Il a fallu beaucoup de volonté de temps et d'énergie, du désir, de la patience et de la passion pour construire tout cela.
Il suffirait de très peu de choses, d'un peu de cynisme, de désinvolture, d'un peu de populisme ou de désintérêt pour que tout disparaisse très vite ou meure à petit feu...
Chacun sent bien à cet égard que la vigilance s'impose.
A sa naissance, quelques fées se penchèrent sur le berceau de La rose des vents, espérons qu'elles n'ont pas oublié les vœux prononcés alors.

Didier THIBAUT





Source Texte : La Rose Des Vents (http://www.larosedesvents-scenenationale.com)

Genre : édito
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Source Artishoc : La Rose Des Vents - http://www.larosedesvents-scenenationale.com

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